Honneur à Luigi Taveri
L’année dernière, John Surtees fut mis à l’honneur lors des Bikers’ Classics (il est le seul pilote à avoir décroché des titres sur deux roues ainsi que sur quatre roues).
Cette année, les 19, 20 et 21 juin, ce sera le tour du Suisse Luigi Taveri. Taveri est devenu trois fois champion du monde en 125cc et il a réussi à toujours prendre des points quelle que soit la catégorie dans laquelle il a couru, même en side-car.
Luigi Taveri – âgé de 79 ans à ce jour – commence sa carrière à l’âge de 18 ans, à bord du side-car de son frère. La compétition à moto lui plaît énormément et le pousse peu après à débuter dans les catégories ‘solo’. En 1953, Taveri reçoit sa licence internationale et un an plus tard, il participe aux courses Grand Prix pour la première fois. C’est le début d’une remarquable carrière GP, qui durera jusque 1966.
En 1955 il devient pilote officiel de l’usine Italienne MV Agusta et depuis lors jusqu’à sa fin de carrière en 1966, il sera un des pilotes les plus importants dans les catégories légères. Il reste chez MV jusqu’en 1958, puis passe chez Ducati. En 1959 il entame l’année avec l’usine Est-Allemande, MZ, mais retourne en plein milieu de saison auprès de Ducati. En 1960 on le retrouve de nouveau sur une MV. Toutes ces années, il est toujours un des pilotes les plus importants, sans jamais cependant obtenir un titre de champion du monde. Désillusionné, il décide de mettre fin à sa carrière à la fin de cette année.
En effet, la saison 1961 commence sans Taveri. Sa femme Tilde par contre, le voit malheureux et sait que son seul désir est de revenir à la compétition moto. Elle prend contact avec Honda. Les Japonais s’intéressent à Luigi mais il doit d’abord se contenter des 125cm3 de l’année précédente. On lui promet de mettre le matériel d’usine plus récent à sa disposition si ses résultats sont bons. Taveri devient le pilote star de Honda dans les catégories 50 et 125cc et en 1962, 1964 et 1966 il se voit sacré champion du monde dans la catégorie des 125cc ! En 1966, le boycott du GP du Japon par Honda, pour des raisons internes à la marque, empêche Luigi de conquérir un double titre de champion du monde en 50 et en 125cm3. D’ailleurs, il est tellement déçu de ne pas avoir eu ce double titre qu’il lui manque « le feu » pour continuer en GP en 1967.
Par estime, Honda lui offre une 125cc cinq cylindres et une 250cc quatre cylindres. Taveri participe alors à quelques courses nationales en Suisse puis décide de mettre fin à sa carrière. Lors des différents événements classiques, il est toujours un des invités favoris et il n’a jamais raté une Parade GP au Bikers’ Classics.
Taveri est unique à plusieurs égards. Il a toujours pris des points pour le championnat du monde quelle que soit la catégorie dans laquelle il a couru : de la catégorie 50cc au championnat side-car (en tant que passager) ! Il a couru avec plusieurs usines: Honda, MV-Agusta, Norton, Moto-Guzzi, Kreidler, Ducati ainsi qu’MZ. Les organisateurs des Bikers’ Classics on tout fait pour rassembler le plus de machines sur lesquelles il s’est illustré pendant sa longue carrière. Des motos que vous pourrez admirer à Francorchamps lors des Bikers’ Classics des 19, 20 et 21 juin !
Une réplique Honda unique
A l’occasion des Bikers’ Classics, le Hollandais Nico Claasen dévoilera sa réplique de Honda 50cc Twin. Une moto identique à celle avec laquelle Luigi Taveri courrait dans les années soixante. Le moteur unique n’est pas encore tout à fait au point, mais sera déjà dévoilé au grand public ! Claasen possède également une réplique de la 50cc de Taveri basée sur une Honda Dream 50cc. Ce monocylindre garni de deux échappements est identique à la machine de compétition de Taveri.
A la question de savoir comment il est arrivé à ses fins, Claasen répond : « J’ai collectionné tout sorte de photos pour ensuite les mettre sur la bonne échelle, et puis seulement me lancer dans le dessin le moteur. Sur base de ces dessins, j’ai réalisé les moules. Puis j’ai travaillé sur les pièces coulées. L’année dernière, je suis allé à Motegi au Japon (où se trouve le musée de Honda) où repose le twin d’origine. J’ai pu faire quelques photos et relever quelques mesures. Ma réplica est très proche de la moto d’origine.”
Il espère pouvoir faire les premiers mètres au guidon de sa machine l’année prochaine !














